Pourquoi aménager ces versants ?

Vivre et produire dans ces environnements difficiles nécessite une gestion intégrée des ressources, des moyens, des techniques et la conception d’un cadre institutionnel spécifique.
A l’instar de toutes les zones de montagne, les revenues de la population rurale de l’anti-atlas sont essentiellement basés sur l’exploitation des ressources naturelles et sur une agriculture qui intègre la production végétale pratiquée sur des terrasses et l’élevage.
Mais, les questions essentielles qui se posent c’est la raison d’être de tous ces aménagements et quel était l’objectif de ces paysans constructeurs ?

Une nécessité alimentaire !

Les pentes ont été aménagées pour subvenir aux besoins alimentaires des populations car la montagne n’offre que trop peu de surfaces calmes.
C’est sur ces parcelles que l’essentiel des plantes annuelles sont cultivées et les arbres sont plantés. La création de nouvelles terrasses est faite à fur et à mesure de l’élargissement des ménages et la demande croissante en denrées alimentaires…
En irrigué ce système permet une diversification des produits et denrées … ce qui contribue à une meilleure maitrise du risque

Une nécessité agronomique !

Dans un milieu aride ou sub-aride, la confection de parcelles à cultiver, la stabilisation et la conservation des sols et la récupération des eaux sont indispensables. Les terrasses de cultures contribuent en effet à atteindre ce double but.
La stabilisation des sols permet la gestion et l’amélioration de la fertilité et la conservation des nutriments.
L’action de l’homme sur le sol perturbe son équilibre dynamique à travers des pratiques agraires. L’alternative sera l’implantation d’une arboriculture fruitière basée par exemple sur l’amandier, le figuier ou le cactus qui fournira au sol ses besoins en matière organique, empêché l’érosion.

Une nécessité d’adaptation !

Dans un environnement climatique agressif, l’aménagement des pentes est le seul moyen permettant de contrer « la tyrannie de la pente ». ces aménagements sont une façon pour fractionner la pente pour mieux en maitriser la gestion et l’usage.
La culture en terrasse permet une Gestion et une maitrise de la dynamique hydrologique car elle permet une bonne circulation de l’eau dans le sol et dans le mur. Ce dernier joue le rôle de drain. Les terrasses permettent aussi de rompre l’écoulement de l’eau et réduire ainsi l’intensité et la vitesse du ruissellement.
Les terrasse de culture participe à l’Augmentation de la quantité d’eau stockée dans le sol par infiltration jusqu’à la capacité au-champs du sol qui donne à la plante la force de pomper sa part d’eau et par conséquence une bonne évapotranspiration.
Contrôle de l’érosion : la première fonction de l’agriculture en terrasses n’est pas de permettre aux fellahs un travail plus aisé sur une pente adouci, elle permet au contraire d’assurer la pérennité d’une parcelle en domestiquant la puissance érosive de l’eau.
Les aménagements en terrasse contribuent à faire face aux événements climatiques extrêmes (pluie torrentielle), cela est flagrant dans l’Anti-Atlas car nous observons que les versants non aménagés par le système de terrasses sont affectés par les séquelles de l’érosion linéaire sous forme d’un réseau de ravinements profonds dans des sols déjà fragilisés par la faiblesse du couvert végétal.

Une nécessité Socio-économique !

Si ces aménagements ont nécessité par le passé une somme de travail considérable ; cela a généré de l’emploi à des milliers de paysans. Actuellement, nous pouvons à travers une bonne valorisation de ce patrimoine, offrir une opportunité pour créer une économie verte profitable au population dans cette région montagneuse mais aussi à toute l’humanité.
Investissement agricole à long terme : investir de l’argent et de l’énergie dans ces versants a nécessité une réflexion sur une stratégie à long terme qui considère les terrasses comme le moyen efficace à un développement durable de cette montagne.
C’est un effort de construction rentable, du moment que sans terrasse on ne peut rien cultiver et produire
Il y a une instauration du travail collectif pour gérer l’espace : les travaux de construction des terrasses nécessitent un travail long et pénible. Il fallait des bonnes journées pour façonner une parcelle en terrasse ; cela implique une structure sociale solidaire et organisée (jmaâ) autour du travail collectif.
Il y a aussi un développement de connaissances spécifiques pour concevoir, gérer et produire dans des conditions de rareté.

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